Tallandier

  • Robert Badinter occupe une place aussi singulière qu'importante au sein de la société française. Un homme juste. Celui qui a aboli la peine de mort et qui, à ce titre, figure déjà dans les livres d'histoire.
    Avocat, professeur d'université, ministre de la Justice, président du Conseil constitutionnel, sénateur, essayiste, Robert Badinter s'est toujours refusé à écrire ses mémoires, lui qui aime tant cultiver le secret. Qui sait que son destin s'est joué un jour de février 1943 quand, à Lyon, la Gestapo a arrêté son père ? Qui connaît la véritable nature de sa longue amitié avec François Mitterrand ? D'où vient cette volonté tenace de combattre l'injustice ? Comment devient-on la dernière icône de la gauche française ?
    Robert Badinter s'est confié aux auteurs, l'une historienne, l'autre journaliste, expliquant en particulier ses combats. Répondait-il à toutes leurs questions ? À sa façon. D'où ce portrait, cet essai biographique à la fois fouillé et critique d'un personnage hors du commun.

  • Boulin, Urba, Elf, les frégates de Taïwan, Clearstream, Kerviel, Cahuzac, Karachi, Balkany... Le juge Van Ruymbeke a instruit pendant plus de quarante ans les grandes affaires financières qui ont secoué notre République. Tenace et libre, il est la figure emblématique de la lutte anticorruption.
    Dans ces mémoires vibrantes, animé par sa si chère indépendance, il raconte la manière dont il s'est attaqué aux sphères du pouvoir et au financement illégal des partis politiques. Engagé dans la lutte contre les paradis fiscaux, Renaud Van Ruymbeke fait des propositions pour traquer l'argent sale et réformer durablement la justice française. Voici le parcours d'un homme déterminé à se battre pour une justice égale pour tous.
    « J'ai pu mesurer l'ampleur de la soumission de la justice, qui s'est exprimée dans l'action - ou l'inaction - des procureurs. J'ai dû franchir des obstacles et subir des blocages. J'ai tenté de m'affranchir de ces entraves, pour mettre au jour une vérité dissimulée, occultée, censurée. C'est à la fois en tant qu'acteur et témoin que j'ai décidé de raconter cette histoire. »

  • La vie de Winston Churchill, homme d'État et homme de guerre exceptionnel, est un roman ; elle est ici racontée comme tel, sans un mot de fiction.
    Se fondant sur des recherches dans les archives de huit pays, la consultation de quelque quatre cents ouvrages et l'interview de nombreux acteurs e témoins, ce récit épique mené brillamment par François Kersaudy montre comment un homme solitaire, longuement façonné par d'exceptionnels talents et de singulières faiblesses, a pu infléchir le cours de notre siècle.

  • À l'affut de l'information de première main, se méfiant des apparences, familier des vices et des vertus des hommes, habité par le besoin de comprendre avant de raconter, l'historien porte nécessairement un regard original, souvent riche de points de vue inattendus sur notre vie de tous les jours, la nôtre mais aussi la sienne. Les 45 chroniques qu'Emmanuel de Waresquiel, l'un des plus grands historiens d'aujourd'hui, nous offre ici pour notre bonheur forment une stimulante promenade dans l'histoire comme dans l'actualité (qui n'est après tout que l'histoire en train de se faire). Les rapprochements parfois lumineux, ou au contraire la mise en évidence de phénomènes uniques dans l'histoire nous donnent sans cesse à réfléchir, à imaginer.
    Écrites d'une plume alerte et joyeuse et nourries d'une connaissance très sûre, elles enchanteront les très nombreux lecteurs de l'auteur et bien au-delà, tous ceux qui aspirent, en ces temps moroses, à s'échapper en imagination et à comprendre.

  • Voici un Flaubert par lui-même et ses proches grâce à Michel Winock. Il nous montre d'où vient son exécration de son siècle qui ressemble souvent à une aversion pour l'existence elle-même et sa quête passionnée d'une transcendance qui se révèle très tôt celle de l'Art.
    On sait énormément de choses sur Flaubert, grâce à ses écrits de jeunesse, sa Correspondance, et aussi sur son travail, dont il a conservé les traces, des scénarios aux brouillons. Il faut un connaisseur comme Michel Winock qui lui a déjà consacré une biographie magistrale pour ordonner un ouvrage à base de citations. Il met au jour les thèmes récurrents dans son oeuvre, trie, classe, élague et ouvre des pistes auxquelles on n'aurait pas pensé. Il parle des lieux (Rouen) où, fils d'un médecin en vue, Flaubert a vu le jour en 1821 ; Croisset, sa thébaïde des bords de Seine où, épuisé de travail, il est mort foudroyé par une hémorragie cérébrale cinquante-neuf ans plus tard), et tout autant de ses amis (Sand, Tourgueniev...), de ses amours (aucunes ne lui réussirent vraiment), de ses tourments financiers et des anathèmes dont il accablait les "bourgeois" et ses éditeurs.

  • Alexandra David-Neel est la plus célèbre des exploratrices. Déguisée en mendiante, elle est la première femme européenne à pénétrer en 1924 dans Lhassa, la capitale du Tibet, alors interdite aux étrangers. On croit connaître le destin de cette infatigable voyageuse, mais sait-on qu'Alexandra David-Neel (1868-1969) a été une féministe de la première heure, journaliste, cantatrice, authentique anarchiste ne voulant dépendre de personne ?
    Pour percer le mystère de la vie de cette femme incroyable, il y a un repère, un fil conducteur auquel Laure Dominique Agniel redonne toute sa place : son mari, Philippe. L'ami, le confident, le seul avec qui elle laisse tomber le masque.
    Les milliers de lettres à son époux nous éclairent sur sa quête acharnée de liberté pendant les 101 années de son existence. Les différents noms qu'elle a portés traduisent ce cheminement vers l'invention de soi : née Alexandra David, elle associe le nom de son mari au sien pour signer son oeuvre Alexandra David-Neel. Dans un style limpide et enlevé, Laure Dominique Agniel nous restitue la vie menée tambour battant d'une femme en avance sur son temps.

  • « Les commencements de la Révolution sont ceux d'une extraordinaire accélération de l'histoire. Les événements s'y bousculent dans un luxe d'acteurs, d'envolées, de confusion et de coups de théâtre. Ce qui s'est passé à ce moment-là n'est intelligible que si l'on restitue les faits dans une séquence fondatrice.
    « Trois événements, liés entre eux et par lesquels tout advient, n'avaient jamais été racontés en tant que tels. Le mercredi 17 juin, les députés du tiers état s'érigent en «Assemblée nationale». Le samedi 20, ils jurent de ne jamais se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France. Le mardi 23 juin, ils envoient promener le roi, sa Cour et ses soldats. «Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes.» Et le roi cède.
    « La Révolution s'est jouée et accomplie en sept jours et cinq décrets. Son destin, ses héritages y sont comme scellés. Jusqu'à la guerre civile. Jusqu'à la Terreur. ».
    Le dernier opus d'Emmanuel de Waresquiel, enrichi d'abondantes sources inédites, change radicalement notre lecture de la Révolution. L'auteur raconte « ses » sept jours tambour battant en un récit alerte qui se lit comme un roman à suspense.

  • Quels sont les prochains défis géopolitiques du siècle ? La pandémie mondiale a modifié les équilibres entre Asie et Occident et scellé la rupture entre la Chine et les États-Unis, accentuant le basculement du monde vers l'Est. Sur cet échiquier polarisé, deux lignes de fracture convergent : la dégradation environnementale et la propagation technologique où se jouent désormais les principales rivalités stratégiques et économiques.
    Dans cet essai captivant, Thomas Gomart décrit les grands mouvements qui se déroulent sous nos yeux : le retour d'une compétition agressive des puissances, une accentuation des inégalités et des échanges débridés. Il met également en lumière les mécanismes invisibles qui transforment notre planète en profondeur : marchés financiers, paradis fiscaux, mafias, incubateurs technologiques, plateformes numériques, multinationales, services de renseignement...
    Pour nous aider à mieux comprendre le monde qui surgit, il analyse enfin pour chaque sujet les « intentions cachées » des États-Unis, de la Chine et de l'Europe, et réfléchit au rôle que la France pourrait jouer dans ces nouvelles « guerres invisibles ».

  • Dans une enquête inédite sur les terres du spiritisme, l'auteur nous mène de la tombe d'Allan Kardec au culte des âmes du Purgatoire. De Rome à Paris, en passant par le Vietnam et l'Écosse, il interroge les archives et les adeptes de ceux qui refusent de voir la mort comme une inéluctable fin.
    Pourquoi les spectres, les fantômes ou les revenants continuent-ils de passionner ? Comment la science a-t-elle tenté d'enregistrer le son des morts, de photographier les fantômes ou les pensées ? Quel a été le rôle des médiums dans cette communication d'outre-tombe, entre sincérité et escroquerie ? Comment le surnaturel, qui défiait initialement la science, est-il devenu lui-même, au cours du XIXe siècle, un véritable objet d'étude ? Et surtout, à qui profitent les revenants et leurs manifestations ?
    Cette histoire du surnaturel est une invitation à voyager dans l'autre monde, à la rencontre de ceux qui croient aux fantômes, ceux qui réfutent leur existence, et ceux qui cherchent la vérité.

  • Voici un savoureux voyage dans l'univers éternel de Georges Feydeau, dramaturge de génie et roi du Paris de la « Belle Époque », qui a dédié sa vie à faire rire ses contemporains tout en les caricaturant, sans jamais les mépriser.
    Un Fil à la Patte, Le Dindon, La Puce à l'oreille, N'te promène donc pas toute nue, On purge Bébé... Depuis 1886, Paris s'esclaffe au diapason de sa plume. Encore aujourd'hui, pas une saison sans que plusieurs de ses vaudevilles ne remplissent les théâtres, jusqu'à la prestigieuse Comédie Française. À quoi tient cette pérennité ? Au génie. Celui du comique d'abord, car il est le maître des situations irrésistibles. Celui de la langue française, ensuite, avec laquelle il jongle pour huiler ses « machines à rire », qui fonctionnent en 2021 tout comme en 1900.
    Christophe Barbier nous montre combien, avec Feydeau, l'art dramatique devient une horlogerie de la bonne humeur, avec une dramaturgie qui ne se démode jamais : la vie de couple, le désir, la fidélité, la tentation, la jalousie, la vengeance, l'argent, la vanité...
    Il traite de la nature humaine et pointe les nouvelles attentes de la femme, la lâcheté du mâle et son orgueil mal placé.

  • Depuis quelques années, les maisons d'écrivains connaissent un véritable engouement de la part du public. Il n'en a pas toujours été ainsi... Evelyne Bloch-Dano rédige depuis 1993 une chronique mensuelle au Magazine littéraire consacrée à ces maisons d'écrivains : au total, plus d'une centaine de maisons visitées en France et à l'étranger. Elle est intervenue à ce titre à de nombreuses reprises (École du Patrimoine, Fédération des maisons d'écrivains etc.). C'est, à notre connaissance, la seule chronique de ce genre même si, ponctuellement, tel ou tel journal s'intéresse à une maison pour des raisons d'actualité.
    L'actualité guide aussi en partie ses choix - commémorations, expositions, inaugurations, publications, nouvelle acquisition - mais pas seulement. Son objectif est d'offrir un reflet fidèle des lieux, mais aussi l'écho de l'histoire de la maison, des relations qu'a entretenues l'écrivain avec elle ainsi que de l'activité du site. La liberté dont elle dispose lui permet de s'intéresser à des maisons parfois peu connues, ou même privées comme celle de Beckett à Ussy ou la mythique " casa " Malaparte à Capri. La conception de cette chronique (qui dit chronique, dit temps, par définition) lui donne aussi la possibilité de suivre les maisons dans leur évolution, comme pour le musée Mallarmé visité à son ouverture en septembre 93, à ses débuts, puis en novembre 96. Car une maison d'écrivain, qu'il s'agisse ou non d'un musée, doit évoluer, bouger pour rester vivante. Ce n'est pas sans soulever une question importante : comment un lieu de mémoire, où le temps parfois s'est arrêté à la mort de son occupant, peut-il encore changer sans trahir ?
    Hétérogénéité de statuts, de budgets, de publics, la diversité des maisons d'écrivains fait aussi leur richesse.
    Mettre en relation un lieu et un univers d'écriture, saisir les liens intimes qui se tissent entre un écrivain et la maison qu'il habite, le paysage qui l'entourent : ces chroniques ne se veulent ni exhaustives ni didactiques. Elles sont promenades littéraires, rencontres entre la sensibilité d'une biographe et un auteur.
    L'idée était tentante de réunir ces textes en un volume. Sans être un guide touristique, Mes Maisons d'écrivains donne des indications précises sur les sites, et rassemble des maisons choisies à la fois pour leur intérêt patrimonial, leur charme et/ou le rôle qu'elles ont joué dans la vie et l'oeuvre de l'écrivain. Ces pages sont une invitation au voyage, à la rêverie et bien sûr à la lecture. Découvrir la maison poème de Hugo à Guernesey, la bicoque dépouillée de Beckett à Ussy ou se glisser dans l'appartement de l'auteur de L'Écume des jours, n'est-ce pas une façon de pénétrer dans leur monde - et parfois de mieux les comprendre et les aimer oe

  • Après avoir conquis le monde par l'économie, la Chine invente une néo-dictature, entièrement remodelée par les nouvelles technologies. Et cela concerne le monde !
    Le chef de l'État, Xi Jinping, concentre aujourd'hui un pouvoir tel que Mao n'en a jamais détenu. À l'intérieur, la Chine est en train d'arriver à un Etat de surveillance parfait : les technologies les plus modernes, notamment l'intelligence artificielle, doivent propulser l'économie chinoise dans le futur tout en recueillant, en reliant et en exploitant dans de gigantesques banques de données chaque pas et chaque pensée de tous les citoyens et de tous les visiteurs. L'objectif est le contrôle total du Parti sur tout et sur tous avec pour mesure étalon le fameux « crédit social ». Ainsi naît une Chine nouvelle qui se transforme en un défi direct pour les démocraties occidentales. Car dans sa politique extérieure, la Chine fait preuve d'une arrogance croissante jusqu'à mettre en péril les libertés dans les pays importateurs de ses technologies de surveillance.
    Dans ce livre choc, Kai Strittmatter, l'un des meilleurs connaisseurs de la Chine contemporaine, nous propulse au coeur d'une Chine digne d'Orwell. Il nous met en garde contre ses capacités d'influence à l'échelle mondiale. Il est temps pour les démocraties occidentales de réagir et de faire face avec lucidité.

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  • Six ou sept générations de Français ont vécu sous l'égide de la civilisation républicaine. De 1870 à nos jours, cet écosystème, régénéré à plusieurs reprises - après la Grande Guerre, à partir de la Libération et encore en 1958 -, a tissé un vivre-ensemble à nul autre pareil reposant sur la démocratie libérale, la laïcité, la langue, l'école et un sentiment prononcé d'appartenance à une large communauté.
    Dans la seconde moitié du XXe siècle, les Trente Glorieuses ont favorisé la mise en place de l'État providence et, après 1962, la fin des guerres coloniales a instauré une paix que les Français ne connaissaient plus depuis très longtemps. Prospérité, plein emploi, concorde civile... Comment résister à l'idée que ces temps-là sont comme un paradis perdu ?
    De multiples forces historiques sont venues miner et altérer cet équilibre. Perte du sens de l'intérêt général, dégradation de l'école qui avait aussi pour mission de porter les valeurs de l'État-nation, émergence de diverses formes de violence sociale... Sur fond de mondialisation, de crise climatique et de guerre larvée contre le terrorisme, le vivre-ensemble a dégénéré en vivre côte à côte voire en vivre face-à-face. Le tragique de l'Histoire est revenu.
    En dressant la fresque d'un siècle et demi d'une civilisation aujourd'hui presque disparue, Jean-François Sirinelli éclaire toutes les étapes d'un phénomène dont nous n'avons pas toujours eu pleine conscience. Ce faisant, il nous aide à distinguer le contingent de l'essentiel et, peut-être, à rebâtir un monde nouveau, plus propice à la vie collective.

  • Qui aurait pu imaginer un basculement du monde vers l'Asie, dominé par la Chine ? Ou la renaissance de l'islam sous une forme politique et guerrière ? En Europe, qui aurait pu prédire un tel regain de l'extrême droite et du populisme ? En France, qui aurait pensé qu'Emmanuel Macron deviendrait président de la République ?
    Interrogé par Emmanuel Laurentin, Marc Ferro porte son regard d'historien sur l'actualité. Il montre comment les grandes tendances d'aujourd'hui plongent dans le passé et ne sont jamais à l'abri de retournements. Décidément, l'Histoire nous réserve quelques surprises et il est bien difficile de trouver une logique aux bouleversements de notre temps.

  • La vie du général est un roman. Il naît esclave à Saint-Domingue en 1762, des amours d'un aventurier normand, le marquis de La Pailleterie, et d'une esclave. Adolescent, il rejoint son père en Normandie, après avoir été vendu contre un billet de bateau. Après quelques années de dolce vita parisienne avec son ami créole le chevalier de Saint-George, et quelques duels, il se brouille avec son père et s'engage sur un coup de tête dans la cavalerie sous le pseudonyme d'Alexandre Dumas. La Révolution apporte la gloire à celui qui n'était encore qu'un sans grade, mais dont la bravoure force l'admiration. Son amitié avec trois camarades intrépides inspirera Les Trois Mousquetaires. Le héros gagne aussi l'amour d'une jeune fille qui s'éprend de lui dans la cour du château de Villers-Cotterêts. Mais la guerre sépare bientôt les mariés de l'an II. Dumas est nommé général, le premier général français d'origine africaine. En 1794, il invente les chasseurs alpins et conduit deux fois l'armée des Alpes à la victoire. Nommé à la tête de l'armée de l'Ouest, il démissionne au péril de sa vie pour épargner les Vendéens. Rappelé en 1795 à Paris pour réprimer une insurrection, il est devancé par son rival Bonaparte. Il combat néanmoins à ses côtés et il s'illustrera sous ses ordres pendant la campagne d'Italie. Ce nouveau Bayard arrête à lui seul, sur un pont, un régiment de cavalerie autrichienne, ce qui lui vaut d'entrer dans la légende. Figure emblématique de l'expédition d'Egypte, il finit par se brouiller avec Bonaparte et démissionne avec éclat. Détenu pendant un an et torturé dans les geôles du roi de Naples, il est ensuite mis sur la touche par Napoléon. Le général Dumas meurt de chagrin en 1806, privé de l'honneur de combattre à Austerlitz avec ses amis. Mort sans récompense, ni pension, ni décoration (on lui refuse la légion d'Honneur) il laisse un orphelin de 3 ans qui va plus tard reprendre le nom d'Alexandre Dumas et l'immortaliser à travers de célèbres romans. Le petit-fils du général Dumas, écrivain lui aussi, entrera à l'Académie française et sera l'auteur de La Dame aux camélias, inspiratrice de La Traviata.

  • Journal

    Hélène Berr

    " J'ai porté la tête haute, et j'ai si bien regardé les gens en face qu'ils détournaient les yeux. Mais c'est dur. D'ailleurs, la majorité des gens ne regardent pas. Deux gosses dans la rue nous ont montrées du doigt en disant : "Hein ? T'as vu ? Juif." Mais le reste s'est passé normalement. Je suis repartie pour la Sorbonne ; dans le métro, encore une femme du peuple m'a souri. Cela a fait jaillir les larmes à mes yeux, je ne sais pourquoi. " " Pourquoi suis-je si inquiète ? Objectivement, il y a de quoi, parce que j'ai l'impression que nous sommes la dernière fournée, et que nous ne passerons pas entre les mailles du filet. Il ne reste plus beaucoup de juifs à Paris ; et comme ce sont les Allemands qui font les arrestations maintenant, il y a peu de chances d'y échapper, parce que nous ne serons pas prévenus. " D'avril 1942 à février 1944, cette jeune fille française a tenu son journal au jour le jour. Un texte d'une qualité littéraire exceptionnelle, où se mêlent l'expérience quotidienne de l'insoutenable et le monde rêvé des lettres, où alternent à chaque instant l'espoir et le désespoir.
    Ses derniers mots, le 15 février 1944, " Horror ! Horror ! Horror ! ", sont un pressentiment de l'inéluctable. Arrêtée le 8 mars 1944, elle est déportée à Auschwitz avec son père et sa mère. Elle survit presque jusqu'au bout à l'épreuve, succombant à l'épuisement à Bergen-Belsen en avril 1945, quelques semaines avant la libération du camp.

  • Les croisades étaient-elles une entreprise impérialiste à l'encontre de l'Orient musulman ?
    L'Inquisition a-t-elle brûlé des milliers d'hérétiques ? La chrétienté médiévale était-elle antisémite ?
    L'Église s'est-elle vraiment interrogée pour savoir si les femmes avaient une âme ? Pendant les guerres de Religion, les catholiques ont-ils fait preuve d'intolérance alors que les protestants incarnaient la liberté d'esprit ? Dans les années 1930, le Vatican s'est-il aveuglé par anticommunisme sur les dangers du fascisme et du nazisme ? Autant de questions explosives en forme de réquisitoire dans un procès couramment fait à l'Église catholique. Les réponses données ici par quinze historiens visent d'abord à remettre en contexte chaque question dans son époque, avec le souci d'éviter tout anachronisme. Sans jamais remplacer la légende noire par une légende dorée, cette fresque alerte et passionnante redonne sa place à une investigation historique sans préjugés ni oeillères.

  • « Mes chers, je suis dans un camp de travail et je vais bien... ».

    Voici les quelques mots - presque toujours les mêmes - expédiés depuis Auschwitz par près de 3 000 juifs de France. On découvre ainsi qu'une correspondance a existé entre les déportés à Auschwitz et leur famille entre 1942 et 1945. La procédure autorisait même les réponses. Ces lettres-cartes, écrites sous la contrainte, faisaient partie d'une vaste opération de propagande, la Brief-Aktion, qui visait à rassurer leurs proches et dissimuler l'horreur. D'autres lettres, clandestines celles-ci, ont pu entrer et sortir du camp et dévoilent davantage l'enfer concentrationnaire. Sont rassemblées ici aussi des lettres écrites dès la libération du camp, preuves de survie uniques et émouvantes adressées aux familles par les rescapés.
    Grâce à des archives totalement inédites, Karen Taieb dévoile pour la première fois un pan méconnu de l'histoire de la Shoah, tout en honorant la mémoire des victimes. Pas à pas, elle redonne une identité à vingt et un déportés, dont ces lettres, qui nous plongent de façon saisissante dans la réalité du camp d'Auschwitz, sont parfois les dernières traces.

  • D'où vient la franc-maçonnerie ? Pourquoi et comment devient-on franc-maçon ? La francmaçonnerie est-elle à l'origine de la Révolution française ? Quel fut le sort des francs-maçons français sous l'Occupation ? Y a-t-il des femmes dans la franc-maçonnerie ? Qu'est-ce qu'un Rite ?
    Quels « secrets » les maçons s'engagent-ils à protéger par serment ? Quelles sont les relations de la franc-maçonnerie avec l'Église ? Quelles sont les grandes valeurs morales que soutiennent les francs-maçons ? La franc-maçonnerie a-t-elle un avenir ?
    Société de pensée, ordre initiatique, association philosophique, communauté fraternelle ou simple réseau politique, la franc-maçonnerie demeure, pour beaucoup, environnée d'ombres, de secrets et de fantasmes. Ce livre propose une vision factuelle, documentée, dépassionnée et aussi impartiale que possible, pour donner à comprendre un monde souvent méconnu et parfois déroutant de l'extérieur. Pourtant, la franc-maçonnerie est intégrée à la culture européenne depuis trois siècles, des personnages se sont illustrés aussi différents que Cagliostro, le marquis de La Fayette, Mozart, Joseph de Maistre ou Voltaire, mais aussi l'émir Abd el Kader, Davy Crockett, Jules Ferry ou Oscar Wilde, sans oublier Winston Churchill, Rudyard Kipling, ou Jean Moulin...

  • Violoniste virtuose, Niccolò Paganini (1782-1840) est la première rock star de la musique classique. Séducteur, compositeur et interprète au grand coeur, l'incandescent Paganini déplace les foules lors d'interminables tournées, de Milan à Paris, de Berlin à Londres.
    Tout commence lorsqu'il est recruté à la cour d'Élisa Bonaparte, la soeur de Napoléon. Il donne à ses concerts une dimension théâtrale et révolutionne la manière de jouer du violon. Victor Hugo, Chopin ou encore le peintre Delacroix ont tous assisté à un concert du virtuose. « J'ai entendu chanter un ange ! » s'exclame Schubert.
    La complexité de ses oeuvres est, aujourd'hui encore, un défi pour les musiciens. Paganini serait capable de produire 2 272 notes en trois minutes seulement. Quel est son secret ? Il y a bien le syndrome de Marfan dont il est atteint et qui rend ses doigts élastiques. Mais cela n'explique pas tout. Paganini a suscité beaucoup d'interrogations, jusque dans son apparence : longs cheveux noirs qui lui tombent sur le visage, pâleur cadavérique, extrême maigreur, yeux perçants. Beaucoup sont persuadés que le violoniste est le diable en personne ou qu'il a pactisé avec lui en échange de pouvoirs musicaux inouïs. Plus qu'une simple rumeur, cette idée le poursuivra jusqu'à sa mort et bien au-delà.

  • On imagine volontiers que l'Église, depuis ses origines, est une, catholique (universelle), apostolique (organisée par les apôtres de Jésus) et romaine (sous l'autorité de l'évêque de Rome), que les Églises orientales sont restées indépendantes pour des raisons intellectuelles ou historiques, que le culte a toujours été rendu de la même manière et le dogme fixé de toute éternité. Essaimage, dissidences et persécutions n'auraient-ils donc changé en rien le devenir des communautés chrétiennes durant leurs quatre ou cinq premiers siècles d'existence ? La construction de l'identité catholique aurait-elle été aussi linéaire qu'on le croit encore souvent ?
    Appuyé sur une connaissance intime des sources chrétiennes et non chrétiennes et nourri des recherches les plus récentes, ce livre riche et suggestif décrit un long processus de construction qui se clôt avec la transformation du christianisme en religion impériale à partir du règne de Constantin, le concile de Nicée (325) et finalement celui de Chalcédoine (451). Il renouvelle profondément l'histoire concrète des quinze ou vingt premières générations de chrétiens.

  • Bien que la communauté juive soit de plus en plus attaquée sur le sol français, Yann Boissière veut croire qu'elle a toute sa place dans la vie de la nation et qu'elle a les atouts pour apporter sa contribution à notre vivre-ensemble.
    Passant en revue les grands enjeux qui interrogent les juifs de France - l'antisémitisme, la laïcité, le rapport à Israël, le dialogue interreligieux -, l'auteur montre comment le judaïsme peut aujourd'hui faire oeuvre de paix et de liant au sein du cadre républicain.
    Un essai enthousiaste et roboratif, un cri d'amour pour la France.

  • Où sont allés les plus aventureux des Phéniciens, des Égyptiens, des Grecs, des Romains ? Certains ont-ils déjà fait le tour de l'Afrique ? Que connaissent-ils à la fin de l'Antiquité du reste de la Terre habitée ? Où sont arrivés Indiens et Chinois ? Ces questions sont essentielles pour connaître l'étendue et l'intensité des relations entre les grandes civilisations.
    Dès l'Antiquité, Europe, Afrique et Asie étaient en contact. Il n'a pas fallu attendre Marco Polo ou les Grandes Découvertes pour voir des hommes et des femmes se déplacer et échanger marchandises et savoirs à très longue distance. De l'Islande au Vietnam, des côtes d'Afrique aux steppes de Mongolie, poussés par le vent de mousson comme le bateau du Palmyrénien Honaînû en route pour l'Inde ou au rythme lent des caravanes contournant le bassin du Tarim, marins, marchands ou ambassadeurs parcourent et décrivent des pays lointains. Ce que les Grecs connaissent et reçoivent de l'Inde, ce que les Chinois savent de Rome, ce que l'Inde emprunte à l'art et à la pensée grecs, sans négliger les expéditions dirigées vers l'Europe du Nord ou l'Afrique subsaharienne, un monde méconnu se découvre, où l'on trouve aussi bien des Indiens égarés sur les côtes danoises que des Grecs emportés par les vents à Zanzibar ou à Ceylan, tandis qu'un ambassadeur chinois hésite à se lancer sur le golfe Persique.
    À partir de textes, vestiges archéologiques et inscriptions, Maurice Sartre raconte les premières rencontres de trois continents, révélant à nos yeux la naissance d'un monde unique.

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