Gilles Siouffi

  • Depuis le IXe siècle jusqu'aux écritures numériques de nos écrans, l'objet mouvant qu'est la «phrase française» a bel et bien une «histoire». Pour dévoiler tous ses usages au fil de douze siècles, cet ouvrage convoque de nombreuses pratiques écrites et orales. Ainsi, au-delà de la phrase elle-même, il nous fait explorer la grande « fabrique » de notre langue.

  • On sait bien ce qu'on appelle « norme », en linguistique : une pratique de prescription des comportements langagiers. Cette pratique, la linguistique s'est depuis longtemps habituée à la remiser dans un espace qui n'était pas le sien. Il a été une fois pour toutes entendu qu'il existait, aisément repérable, un certain usage normatif de la « grammaire », qu'on connaissait, et qu'il fallait bien distinguer de la linguistique. Ainsi, la possible normativité du discours linguistique a souvent fait l'objet d'une soigneuse dissimulation. Alors, la norme « tabou » de la linguistique moderne ? Quinze linguistes affrontent ici le problème, en partant de ses enjeux épistémologiques, historiques, sociolinguistiques, et, pour finir, grammaticaux. Cet ouvrage s'organise en deux parties. La première analyse cette présence paradoxale de la notion de norme dans le discours des linguistes. La seconde approfondit les résonances de la problématique dans le domaine qui s'y prête le plus, à savoir la syntaxe. Attachement, affect ; lois, règles ; double relation au langage : autant de paramètres desquels le linguiste ne peut pas se permettre de détourner son regard.

  • Le sentiment linguistique chez saussure Nouv.

    « Tout ce qui est dans le sentiment des sujets parlants est phénomène réel », écrivait Saussure dans les années 1880 en vue d'un possible cours de morphologie. Mais le terme sentiment ne fait pas partie de ceux, tels signe, système, synchronie ou diachronie, qu'on associe au canon des concepts saussuriens. Le projet de cet ouvrage est de montrer au contraire que le sentiment linguistique occupe une place essentielle dans la pensée du linguiste genevois, et qu'il est peut-être l'instance principale qui lui permet de définir ce qu'il appelle la « langue ». Les contributions de cet ouvrage mènent l'enquête autour de ce qu'on peut appeler le sentiment linguistique chez Saussure, en explorant les inspirations que Saussure a pu prendre chez ses prédécesseurs, étudient les diverses inflexions que le motif prend chez lui, notamment à partir des sources manuscrites, et explorent les enjeux de la notion aujourd'hui. Prenant place dans le champ de l'histoire des idées linguistiques, il est aussi susceptible d'ouvrir de nouvelles pistes de recherche sur l'appréhension des faits linguistiques par le sujet parlant.

  • L'Âge classique (XVIIe et XVIIIe siècles) est souvent vu, en France, comme le grand moment de " standardisation " du français, celui où grammairiens, commentateurs et écrivains joignent leurs efforts pour unifier la physionomie de la langue et la rendre proche de leur idéal. L'objectif est de construire une langue moderne dont la "perfection " égale celle du latin. Comment cela est-ce possible ? L'hypothèse que défend cet ouvrage est que cette entreprise s'est adossée à fort imaginaire, que synthétise l'expression " génie de la langue française ", imaginaire qui a conduit à postuler l'existence d'une " seconde structure " du français, plus belle et plus parfaite que celle qui est observable dans les usages. Il propose, pour le montrer, une lecture nouvelle de plusieurs lieux emblématiques et problématiques de la description du français, comme l'ordre des mots, la théorie de la liaison dans la phrase, l'article, l'ellipse, mais aussi les représentations que les contemporains se font des figures, de la compétence des locuteurs, ou de l'agrammaticalité dans la langue. La période considérée va de la fin du XVIe siècle (Sanctius) à la fin du XVIIIe siècle (le concours de l'Académie de Berlin), avec une attention particulière portée aux " remarqueurs " de l'après-Vaugelas, comme Bouhours, mais aussi aux textes des grammairiens professionnels. À travers ce grand déploiement d'idéalisation et de rêveries sur la rationalité de la langue, c'est un moment clé dans l'histoire des représentations du français que nous parcourons, tout en suivant une réflexion plus large sur les fondements imaginaires de la description linguistique.

  • Qu'est-ce qui fait la différence entre le langage humain et le langage animal ? Le langage représente-t-il fidèlement nos pensées ? D'où vient-il ? Réfléchir sur le langage nous aide-t-il à mieux penser ? Peut-on envisager qu'il y ait un jour un langage universel ?Toutes ces questions ont agité cette période cohérente dans l'histoire de la pensée qu'on appelle l' « âge classique ». Aux XVIIe et XVIIIe siècles, s'élaborent beaucoup des concepts, notions, théories, rêves, avec lesquels nous vivons encore. Pour autant, lire les textes des penseurs n'est pas toujours facile. Plutôt qu'une synthèse d'ensemble, le parti pris de l'ouvrage est donc de présenter un parcours de lecture à travers l'oeuvre d'une série d'auteurs allant de Bacon et Descartes à Herder et Humboldt. Chaque chapitre propose : une présentation générale de l'auteur, de sa pensée et du rôle que joue la réflexion sur le langage ; un texte et son explication ; enfin une synthèse des apports de l'auteurAinsi, la réflexion sur le langage et celle sur les langues se croisent constamment, dans cette période qui se détache de l'héritage antique et repense les problèmes de façon neuve. C'est pourquoi figurent dans l'ouvrage, à côté des philosophes reconnus comme tels, des grammairiens, ou tout simplement des écrivains et penseurs qui ont essayé de « penser les langues ». C'est l'originalité de cet ouvrage que de présenter pour la première fois un tel croisement de perspectives.

  • Préciosité, « jargons », « fringueurs », style fin de siècle, langage des banlieues... À différents moments de l'histoire du français, des commentateurs ont attiré l'attention sur l'apparition de phénomènes de modes qui semblaient mettre en avant de nouveaux usages sans leur promettre une carrière durable. La littérature en a souvent fait son miel, mais la notion a parfois aussi donné lieu à des développements inattendus chez les grammairiens. Longtemps considérés comme marginaux ou anecdotiques, ces phénomènes posent question au sociolinguiste d'aujourd'hui. Quels sont les rapports entre la « mode » et le changement linguistique ? Quel est le rôle de l'affectation, de la conformité, voire du mimétisme ? Autour de ce phénomène encore peu étudié, cet ouvrage fait le pari d'une rencontre entre sociolinguistes familiers des terrains contemporains et historiens de la langue française.

  • Le débat sur l'écriture inclusive enflamme les médias et la société. Les camps pour et contre s'opposent sans pitié : l'un dénonce les règles « scélérates » de la grammaire, tandis que l'autre fustige « l'aberration inclusive » qui place la langue française « en péril mortel »...
    Dans cet essai, des linguistes s'emparent de la question pour replacer l'étude de la langue et son histoire au coeur de la réflexion et du débat.
    Les auteurs proposent de prendre le temps d'examiner ce champ de bataille, d'en comprendre les enjeux dans ses différentes dimensions pour permettre d'y voir un peu clair.
    Un livre passionnant qui nous fait redécouvrir la langue française, ses influences et ses évolutions. Des éclairages précieux sur les langues anglaise, allemande, coréenne et arabe permettentd'ouvrirla réflexion.

  • Une nouvelle édition d'une référence de la collection « 100 fiches ».
    Ce 100 fiches, rédigé par des spécialistes, propose une première approche de la linguistique sans avoir besoin de connaissances préalables. Il fournit les bases de la discipline et répond aux questions essentielles des étudiants : Qu'est ce que la linguistique? Quelle est son histoire et qui sont ses fondateurs ? Comment définir un phonème, un morphème ? Toute communication est-elle langage ?
    Une introduction à lire fiche après fiche ou par point précis.

  • Le lexicographe et l'enseignant plaident pour une reconnaissance des liens entre le grec, le latin et le français, et pour la poursuite de l'enseignement du grec et du latin dans le secondaire en France.

  • Qu'est-ce qu'un déterminant, un pronom, un adverbe ? Qu'est-ce qu'un mode, un aspect ? D'où viennent les concepts grammaticaux que l'on apprend à l'école ?
    Comment évoluent-ils ?
    Cette nouvelle édition mise à jour propose une approche originale de la grammaire, à la fois histoire et critique de la terminologie.
    Cet ouvrage permet d'explorer l'ensemble du système de la grammaire française et d'approfondir les notions-clés.

  • Ce manuel fait la synthèse des études antérieures sur les écrits de Madame de Lafayette, et propose de nouvelles hypothèses, notamment sur les conditionnements sociaux, culturels et idéologiques qui ont influencé ces oeuvres, sur leur langue et leur style. Et enfin sur l'attribution de ces oeuvres : Madame de Lafayette n'en est certainement pas l'unique auteur.

  • Cet ouvrage explore le laboratoire de mots, de textes et de discours qu'a constitué la première guerre mondiale. Grâce à une collaboration fructueuse entre historiens, linguistes et littéraires, et en exploitant systématiquement de nouvelles ressources numérisées comme des correspondances de « poilus ordinaires », il scrute les transformations à l'oeuvre et montre comment la guerre fut aussi une expérience de langage. Il ouvre l'analyse à la comparaison avec d'autres pays comme l'Allemagne, le Royaume-Uni ou l'Espagne.

    Avec le concours du laboratoire Praxiling (UMR 5267, université Paul-Valéry Montpellier CNRS), le soutien de l'université Paris Sorbonne et celui du laboratoire ELLIADD (EA 4461) de l'université Bourgogne-Franche-Comté.

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