Coups de coeur

  • Un bref instant de splendeur se présente sous la forme d'une lettre qu'un fils adresse à sa mère qui ne la lira jamais. Fille d'un soldat américain et d'une paysanne vietnamienne, elle est analphabète, parle à peine anglais et travaille dans un salon de manucure aux États-Unis. Elle est le pur produit d'une guerre oubliée. Son fils, dont la peau est trop claire pour un Vietnamien mais pas assez pour un Américain, entreprend de retracer leur histoire familiale : la schizophrénie de sa grand-mère traumatisée par les bombes ennemies au Vietnam, les poings durs de sa mère contre son corps d'enfant, son premier amour marqué d'un sceau funeste, sa découverte du désir, de son homosexualité et du pouvoir rédempteur de l'écriture.
    Ce premier roman, écrit dans une langue d'une beauté grandiose, explore avec une urgence et une grâce stupéfiantes les questions de race, de classe et de masculinité. Ocean Vuong signe une plongée dans les eaux troubles de la violence, du déracinement et de l'addiction, que la tendresse et la compassion viennent toujours adroitement contrebalancer. Un livre d'une justesse bouleversante sur la capacité des mots à panser les plaies ouvertes depuis des générations.

  • Elle, petite fille aux origines modestes. Envie de vivre plus forte que la mort.
    Elle, adolescente aux rêves de prince charmant. Bal des illusions perdues.
    Elle, femme libre, jalousée, traquée. Sacrifiée pour enterrer le passé.
    Il revient au fils de découvrir les secrets de famille. Histoires de haine et d'amour.
    Elle, la mère.

  • Nadja

    André Breton

    L'édition originale de Nadja paraît en 1928 à Paris.
    Comptant parmi les textes les plus frémissants d'André Breton, ce récit autobiographique évoque une rencontre, celle de l'auteur avec Léona Delcourt.
    Celle qui se surnommait elle-même Nadja lui voue un amour désespéré, qui plonge le chantre du surréalisme dans une profonde crise existentielle. En une dizaine de jours, il rédige les deux premières parties du récit. Il y ajoutera quelques mois plus tard une dernière partie puis des documents iconographiques. Nadja est le seul texte remanié par Breton à l'occasion de sa réédition en 1963. Il l'enrichit de notes et d'illustrations et opère plus de trois cents corrections stylistiques sur le contenu.
    Le manuscrit autographe original, jeu complet du roman, est ici reproduit , avec le dossier iconographique constitué par l'auteur. C'est aussi le témoignage de son écriture en tension, visible à travers l'accumulation de lignes serrées et de ratures, ainsi que par les paperoles, béquets et placards apposés par de nombreux exercices de collage.
    Une étude illustrée accompagne le fac-similé, apportant un nouvel éclairage sur ce texte majeur du surréalisme et sur le travail de Breton.

  • Nous voici retournés au beau pays de Jacominus Gainsborough.
    Il a donné rendez-vous à Douce à midi pile, car il va s'embarquer et il a quelque chose de très important à lui dire...

    Viendra-t-elle ? Et arrivera-t-elle à temps ?
    En attendant, il l'imagine : il voit avec ses yeux, entend avec ses oreilles...

    Le lecteur « traverse » presque physiquement ce livre d'artiste aux pages finement découpées : il est à la fois dans la tête de Jacominus, ce petit lapin à l'âme sensible si humain, dont il partage les doutes et les élans - et dans la peau de Douce, qui s'avance vers lui. Les tableaux se succèdent, tandis que l'impatience de Jacominus grandit : on suit le chemin de l'aimée qui se met en route, on « traverse » le verger, les faubourgs, la place du marché... comme si l'on marchait avec elle.
    Et c'est toujours avec Douce qu'on parcourt les derniers mètres sur le port et qu'on aperçoit enfin, sur le pont d'un bateau en partance, la petite silhouette de Jacominus Gainsborough...

  • Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent!
    Guerrière apache ou sirène hollywoodienne, gardienne de phare ou créatrice de trolls, gynécologue ou impératrice, rappeuse afghane, journaliste d'investigation ou reine des bandits... Les Culottées ont fait voler en éclats les préjugés. Trente portraits drôles et sensibles de femmes qui ont inventé leur destin.

  • Le cinquième tome du succès mondial L'Arabe du futur couvre les années 1992-1994.
    Riad Sattouf y raconte son adolescence.

  • Mai 1945. Dans les ruines de Berlin, deux orphelins juifs assistent apeurés à la victoire soviétique. Réfugiés à Leipzig, Konrad et Andreas Werner deviennent citoyens Est-allemands. C'est la marche de l'histoire.
    Juin 1956. Les deux frères ont rejoint les rangs de la Stasi pour échapper au camp de rééducation. Ils seront les fils de l'Est.

    Juin 1974. Lors de la 10ème coupe du monde de football, un match historique va opposer la RFA et la RDA. C'est le match de la guerre froide. Le retentissement est mondial.
    Pour faire gagner la RDA, Erich Honecker décide d'impliquer les meilleurs agents de la Stasi. Il faut prouver la supériorité du régime socialiste sur le monde capitaliste. Konrad Werner est infiltré depuis des mois dans l'équipe de la RFA. Andreas Werner fait partie de la délégation de RDA. Voilà douze ans qu'ils ne se sont pas vus.
    Le choc des deux bloc va ébranler leurs convictions.

  • Début des années 30. Anaïs Nin vit en banlieue parisienne et lutte contre l'angoisse de sa vie d'épouse de banquier. Plusieurs fois déracinée, elle a grandi entre 2 continents, 3 langues, et peine à trouver sa place dans une société qui relègue les femmes à des seconds rôles. Elle veut être écrivain, et s'est inventé, depuis l'enfance, une échappatoire : son journal. Il est sa drogue, son compagnon, son double, celui qui lui permet d'explorer la complexité de ses sentiments et de percevoir la sensualité qui couve en elle. C'est alors qu'elle rencontre Henry Miller, une révélation qui s'avère la 1re étape vers de grands bouleversements.

  • Depuis la parution posthume de son roman « total », 2666, Roberto Bolaño est considéré comme une figure majeure de la fiction contemporaine. La publication de ses oeuvres complètes vient confirmer le statut déjà acquis de son vivant avec, notamment, Les Détectives sauvages et La Littérature nazie en Amérique.

    Tout au long de sa vie, Roberto Bolaño n'a cessé de se considérer, avant tout, comme un poète. Ce premier tome, qui comporte un grand nombre d'inédits, montre le rôle capital joué par la poésie dans sa vie et ses écrits.

    Oeuvres complètes I.
    Poèmes (dont inédits).
    Amuleto (roman).
    Appels téléphoniques et autres histoires (nouvelles).
    Étoile distante (roman).

    Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio et Jean-Marie Saint-Lu.
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    Les Champs Magnétiques vous conseille

    L'un des plus grands écrivains de notre époque! Les éditions de l'Olivier réédintent tout son oeuvre ! A découvrir absolument!

  • Oeuvres complètes III.

    La Piste de glace.

    Le Troisième Reich.

    Intempéries.

  • Monsieur Pain.

    Conseils d'un disciple de Morrison à un fanatique de Joyce.

    L'Esprit de la science-fiction (inédit).

    La Littérature nazie en Amérique.

    Des putains meurtrières.

    Les Déboires du vrai policier (inédit).

    Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio et Jean-Marie Saint-Lu.

  • « Sur les photos, les personnes en keffieh, ce sont des Palestiniens ? - Non, ma famille. - Votre famille, ce sont des Palestiniens ? - Non, des Libanais. - Pourquoi alors les avoir couverts d'un keffieh palestinien ? » Il est interdit à un citoyen libanais de se rendre en Israël. Le narrateur, un jeune photographe franco-libanais, décide d'enfreindre la loi de son pays. Arrivé à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, il subit un interrogatoire de plusieurs heures. Les questions fusent et se répètent. « Comment s appelle votre mère ? Comment s appelle votre père ? Comment vous appelez-vous ? » Des questions qui reviennent comme une berceuse et qui voudraient obliger le narrateur à se définir de manière définitive. Lui qui avait pensé faire ce voyage pour mettre Beyrouth entre parenthèses...

  • L'amour égorgé

    Patrice Trigano

    Un matin de juin 1914, à son réveil, René âgé de quatorze ans découvre le corps pendu de son père à la poutre centrale du salon de l'appartement familial. Ce traumatisme alimentera un besoin de révolte qui ne quittera pas le poète qu'il devint. Tourmenté par sa bisexualité, tiraillé entre l'amour qu'il portait à un peintre américain et à une jeune berlinoise adepte du triolisme, dégoûté par son corps atteint de tuberculose, René Crevel conjurait son mal de vivre en cherchant dans les abus de la drogue, du sexe, et des frivolités mondaines l'apaisement de ses maux. Jusqu'à son suicide en 1935 il rêva à une version régénérée du monde en devenant tour à tour membre du mouvement Dada, du groupe surréaliste et enfin du Parti communiste. En une épopée passionnante, d'une plume alerte, Patrice Trigano fait revivre les moments d'exaltation, les sentiments de craintes, d'angoisses, les douleurs morales et physiques de René Crevel. Il dresse une peinture des milieux intellectuels des années vingt et trente, alors que le fascisme était en embuscade, à travers des portraits saisissants des amis du poète: Gide, Nancy Cunard, Breton, Éluard, Aragon, Tzara, Cocteau, Dali, Giacometti.

  • C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Une histoire d'amour. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l'importance à leurs yeux, ceux qu'ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le coeur de trois hommes.
    Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d'hommes en devenir.

  • Art nouveau

    Paul Greveillac

    1896. Lajos Ligeti, apprenti architecte, quitte Vienne pour Budapest. Porté par le rêve de bâtir, il découvre une capitale vieillotte et endormie où tout est à faire.
    Pour construire la ville, il faut séduire patrons et donneurs d'ordre. Manoeuvrer contre des concurrents redoutables dont Budapest est la chasse gardée.
    Inspiré par sa muse Katarzyna, épaulé par le rusé maître d'oeuvre Barnabás Kocsis, Lajos Ligeti s'obstine. Parviendra-t-il à imposer son style visionnaire, à donner corps, par ses créations de béton, à un art nouveau ?
    Étranger, juif, verra-t-il venir les précipices ?

    Les Champs Magnétiques vous conseille

    Dans ce livre érudit, se déploie devant nous la vie de L. Ligeti, jeune architecte viennois venu à Budapest , ville manquant la splendeur de >Vienne, avec l'envie de bâtir et d'imposer son style visionnaire . On est plongeé au coeur de l'Europe centreale à la fin du XIXe siècle où la rivalité des cabinets d'architectes est sans pitié!

  • Lorsqu'elle se retrouve seule, à l'abri des regards, Anna entend des voix, aperçoit des lumières derrière les rideaux, surprend des ombres dans le couloir. Elle sait qu'elle appartient à un autre monde, qui n'obéit pas aux mêmes lois que le monde ordinaire.

    Cela l'effraie, et la remplit de honte.

    Est-ce pour la protéger d'un danger que, depuis l'âge de douze ans, Anna doit avaler des comprimés prescrits par un certain Georg ? De quelle maladie souffre-t-elle ? Dans quel état se retrouverait-elle si elle abandonnait le traitement ?

    Une bête aux aguets est l'histoire d'une jeune fille qui découvre qu'elle est habitée par la peur : celle de se métamorphoser en une créature dont elle n'ose prononcer le nom. Mais ce phénomène qu'elle ne peut expliquer est peut-être la promesse d'un autre changement. Dans ce roman voué à l'inquiétante étrangeté, Florence Seyvos nous conduit au coeur du mystère qu'elle ne cesse d'explorer, de livre en livre, avec obstination.

  • « Je suis un migrant, un chien mille fois blessé qui sait explorer une ville. Je sors et je fais des cercles autour de mon immeuble. Je renifle les bars et les restaurants ».
    Velibor Colic poursuit ici l'entreprise commencée avec son Manuel d'exil : un vagabondage autobiographique, une sorte de bildungsroman alliant une fantaisie mélancolique typiquement balkanique à une réflexion tourmentée et lucide sur l'exil. Héritier de Cortázar (pour l'invention surprenante, l'agilité des métaphores), de Pérec (le goût des listes et des inventaires), de Fante ou Bukowski (pour l'empathie avec les faibles et les marginaux, les déjantés, les solitaires, les excessifs - et le goût pour les alcools forts), Colic parle magnifiquement du sentiment de déréliction des migrants. Son récit reproduit l'errance désespérée de ceux qui ne trouveront jamais vraiment leur demeure. Il évoque aussi ses rapports avec les institutions, les administrations, les psychiatres et bien sûr les écrivains. Et avec les femmes, qui tiennent une grande place dans le récit bien qu'elles aient souvent été source de frustration et de désir ardent plus que de bonheur. C'est parfois déchirant, mais c'est aussi constamment drôle.
    Hommage palpitant à la littérature et à la langue française, ce livre vibre d'une tristesse tempérée par l'ironie et par un sens de l'absurde propres à ceux qui ont traversé des épreuves indicibles.

  • La tannerie

    Celia Levi

    Jeanne, ses études terminées, a quitté sa Bretagne natale pour vivre à Paris. Elle a trouvé un emploi temporaire d'« accueillante » à la Tannerie, une nouvelle institution culturelle, installée dans une usine désaffectée de Pantin.

    D'abord déboussolée par le gigantisme et l'activité trépidante du lieu, timide et ignorante des codes de la jeunesse parisienne, elle prend peu à peu de l'assurance et se lie à quelques-uns de ses collègues, comme la délurée Marianne ou le charismatique Julien, responsable du service accueil.

    Elle les accompagne dans leurs déambulations nocturnes, participe à des fêtes. Leur groupe se mêle au mouvement Nuit debout. Ils se retrouvent dans des manifestations, parfois violentes - mais sans véritablement s'impliquer, en spectateurs.

    Bientôt, deux ans ont passé. Dans l'effervescence de la Tannerie, en pleine expansion, chacun tente de se placer pour obtenir enfin un vrai contrat ou décrocher une promotion. Jeanne va devoir saisir sa chance.

    La Tannerie - tel un microcosme de notre société - forme une monde à part entière, avec ses techniciens, ses employés de bureau, ses artistes. Mais derrière la bienveillance affichée et le progressisme des intentions, la précarité et la violence dominent.

    Avec ce roman, qui frappe autant par la finesse de ses descriptions que par sa force critique, Celia Levi fait le portrait d'une époque et d'une génération en proie aux ambitions factices et à l'imposture des discours.

  • Dehors, le bruit des tirs s'intensifie. Rassemblés dans la cour de l'école, les élèves attendent en larmes l'arrivée de leurs parents. La jeune narratrice de ce saisissant premier chapitre ne pleure pas, elle se réjouit de retrouver avant l'heure « son géant ». La main accrochée à l'un de ses grands doigts, elle est certaine de traverser sans crainte le chaos.
    Ne pas se plaindre, cacher sa peur, se taire, quitter à la hâte un appartement pour un autre tout aussi provisoire, l'enfant née à Beyrouth pendant la guerre civile s'y est tôt habituée.
    Son père, dont la voix alterne avec la sienne, sait combien, dans cette ville détruite, son pouvoir n'a rien de démesuré. Même s'il essaie de donner le change avec ses blagues et des paradis de verdure tant bien que mal réinventés à chaque déménagement, cet intellectuel - qui a le tort de n'être d'aucune faction ni d'aucun parti - n'a à offrir que son angoisse, sa lucidité et son silence.
    L'année des douze ans de sa fille, la famille s'exile sans lui à Paris. Collégienne brillante, jeune femme en rupture de ban, mère à son tour, elle non plus ne se sentira jamais d'aucun groupe, et continuera de se réfugier auprès des arbres, des fleurs et de ses chères adventices, ces mauvaises herbes qu'elle se garde bien d'arracher.
    De sa bataille permanente avec la mémoire d'une enfance en ruine, l'auteure de ce beau premier roman rend un compte précis et bouleversant. Ici, la tendresse dit son nom dans une main que l'on serre ou dans un effluve de jasmin, comme autant de petites victoires quotidiennes sur un corps colonisé par le passé.

  • Rien ne semble pouvoir troubler le calme du grand-duché d'Éponne. Les accords financiers y décident de la marche du monde, tout y est à sa place, et il est particulièrement difficile pour un étranger récemment arrivé de s'en faire une, dans la capitale proprette plantée au bord d'un lac.
    Accueillir chez lui un migrant, et rendre compte de cette expérience, le journaliste vedette Jean-Marc Féron en voit bien l'intérêt : il ne lui reste qu'à choisir le candidat idéal pour que le livre se vende.
    Ailleurs en ville, quelques amis se retrouvent pour une nouvelle séance d'écriture collective : le titre seul du pamphlet en cours - Remonter le courant, critique de la déraison capitaliste - sonne comme un pavé dans la mare endormie qu'est le micro-État.
    Subtile connaisseuse des méandres de l'esprit humain, Diane Meur dévoile petit à petit la vérité de ces divers personnages, liés par des affinités que, parfois, ils ignorent eux-mêmes. Tandis que la joyeuse bande d'anticapitalistes remonte vaillamment le courant de la domination, l'adorable Hossein va opérer dans la vie de Féron un retournement bouleversant et lourd de conséquences.
    C'est aussi que le pamphlet, avec sa charge d'utopie jubilatoire, déborde sur l'intrigue et éclaire le monde qu'elle campe. Il apparaît ainsi au fil des pages que ce grand-duché imaginaire et quelque peu anachronique n'est pas plus irréel que le modèle de société dans lequel nous nous débattons aujourd'hui.
    Doublant sa parfaite maîtrise romanesque d'un regard malicieusement critique, Diane Meur excelle à nous interroger : sous ce ciel commun à tous les hommes, l'humanité n'a-t-elle pas, à chaque instant, le choix entre le pire et le meilleur ?

    Les Champs Magnétiques vous conseille

    Dans ce roman complexe, Diane Meur secoue les schémas du monde actuel, rapide où l'immédiat trône. Plus on avance dans la lecture, plus les personnages font surface grâce à la grande finesse psychologique et l'intelligence de l'autrice!

    Marija

  • Dans une forêt hongroise, après des mois d'errance, Asma, une jeune Syrienne, attend, avec d'autres réfugiés, un véhicule pour l'Allemagne. Son père, pharmacien à Damas, a été exécuté, son frère a rejoint la rébellion. Pour sa sécurité, sa famille l'a alors envoyée en Europe. Lorsqu'arrive enfin un camion frigorifique, elle éprouve presque du soulagement à s'y entasser. Même si, dans la bousculade, elle perd son sac... et son cahier rouge - le journal intime qu'elle tient depuis l'arrestation de son père en 2006.
    Tamim parvient à le récupérer. Il le conservera précieusement. Sur les routes depuis trois ans, contraint à chaque étape de travailler pour payer la suivante, il a quitté l'Afghanistan à quatorze ans, après l'assassinat de son père et de ses frères par les talibans. Lui aura plus de chance qu'Asma - abandonnée à bord du fourgon avec ses compagnons d'infortune sur une aire d'autoroute, et dont la fin tragique agira comme un électrochoc sur la politique et l'opinion.
    À Munich, en cet été 2015, Helga entend avec effarement la nouvelle. Elle se souvient d'avoir été réfugiée elle aussi, fuyant l'Armée rouge qui marchait sur Königsberg en 1945. Et, quand la chancelière Angela Merkel prononce son désormais célèbre « Wir schaffen das, nous y arriverons », Helga, comme tant de ses concitoyens, va tout naturellement proposer son aide aux demandeurs d'asile affluant sur le territoire allemand.
    Revenant sur cet élan de générosité et sur l'espoir suscité, Christine de Mazières, dans ce roman polyphonique qui retrace le parcours des victimes, mais aussi des acteurs de ce drame, nous interroge avec force sur le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.

    Les Champs Magnétiques vous conseille

    Livre bouleversant, fin où Christine de Mazières nous démontre une fois de plus ( l'auteure de Trois jours à Berlin) combien elle sait raconter les histoires à plusieures voix en donnant une épaisseur humaine à chacun de ses personnages! D'une manière extrêmement délicate, elle raconte cette épisode de l'histoire récente allemande qui est l'accueil des immigrés suite à la déclaration d'Angela Merkel , tout en faisant écho à l'histoire plus ancienne , celle du peuple allemand , et surtout des femmes en 1945. Elle nous raconte des drames humains des deux époques différentes en nous glisse en toute délicatesse le message qu'il ne faut jamais oublier de rester humain et sensible à la détresse des autres!

    Marija

  • Lola vit en Bretagne au-dessus du bureau de poste où elle travaille. Elle est jolie, sage et boiteuse. Elle ne désire rien et se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de son potager et, dans sa chambre, face au grand lit où elle s'interdit de rêver, trône une armoire de noces pleine des coeurs de ses ancêtres. Dans la région d'Espagne où sont nées ses aïeules, quand une femme sent la mort venir, elle brode un coussin en forme de coeur qu'elle bourre de bouts de papier sur lesquels sont écrits ses secrets... À sa mort, sa fille ainée en hérite avec l'interdiction absolue de l'ouvrir. Des coeurs de femmes battent dans la vieille armoire de Lola. Ils racontent une histoire qui a commencé en Andalousie, il y a plus d'un siècle. Lola se demande si elle est faite de cette histoire familiale qu'elle ignore, si le sang des fables coule de génération en génération, s'il l'irrigue de terreurs et de peines qui ne lui appartiennent pas, mais agitent ses profondeurs. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ? Il faudrait ouvrir ces coeurs pour le savoir... Un jour, l'un des coeurs éclate, libérant les secrets de son aïeule Inès Dolorès, ainsi qu'un plus petit coeur rempli de graines, d'où naîtront des roses au parfum envoûtant qui envahiront le jardin. Saura-t-elle se laisser porter par son désir, s'affranchir de la voix de son père qui lui a prédit un destin de solitude ? Carole Martinez, formidable conteuse, habite ses récits comme personne. Elle libère ses personnages, morts et vivants, et nous embarque à leur suite dans un monde épineux et baroque où le merveilleux côtoie le réel et où poussent des roses fauves.

    Les Champs Magnétiques vous conseille

    Selon la tradition andalouse, lorsqu'une femme sent qu'elle va mourir, elle écrit ses secrets et les bribes de sa vie sur les bouts de papiers qu'elle enferme dans un coussin en forme de coeur et le donne en héritage à sa fille ainée avec l'interdiction stricte de l'ouvrir. C'est sur cette tradition que repose le nouveau roman de Carole Martinez. En conteuse extraordinnaire, elle raconte la vie simple  d'une femme, postière, possédant dans son armoire cinq coussins de ses aieules. Les secrets de nos ancêtres influencent-ils nos vies? Les Roses fauves est le récit d'une émancipation, d'un éveil porté par le désir!

    Marija

  • Une famille a trouvé refuge en pleine montagne, où elle tue les oiseaux et les brûle au lance-flammes : ils seraient à l'origine d'un mal ayant conduit l'humanité à son extinction. Tandis que la mère pleure et chante son existence passée, le père seul s'aventure aux confins de leur « sanctuaire », d'où il rapporte tout ce qu'il trouve pour assurer la survie des siens. Mais le monde est-il vraiment devenu ce qu'il en dit ? Est-il jonché de cadavres qui pourrissent le long des chemins ? Comment être certain des motifs qui le conduisent à cloîtrer sa famille, à dispenser à ses filles un entraînement quasi militaire et à se montrer chaque jour plus imprévisible et brutal ?
    Gemma, la plus jeune des deux filles, va peu à peu transgresser les limites du « sanctuaire » - et avec elles, la loi de ce père qu'elle admire plus que tout. Ce sera pour tomber entre d'autres griffes: celles d'un vieil homme sauvage, menaçant et lubrique qui vit entouré de rapaces. Parmi eux, un aigle qui va fasciner l'enfant...
    Écrit en 2019, bien avant qu'une pandémie de coronavirus conduise au confinement de la moitié de l'humanité, Le Sanctuaire déploie et sublime ce qui faisait déjà la puissance d'Une immense sensation de calme : une ode à la souveraineté de la nature et une compassion pour nous autres, humains, qui devons sans cesse lutter pour notre survie. À mi-chemin entre David Vann et Antoine Volodine, le deuxième roman de Laurine Roux confirme la singularité et l'universalité de sa voix.

    Les Champs Magnétiques vous conseille

    Jusqu'où peut aller l'amour immense d'un père pour protéger sa famille d'un mal transmis par les oiseaux ayant changé le visage du monde. Le danger se trouve-t-il vraiment en dehors du sanctuaire? On lit ce roman d'une traite portés par l'écriture envoûtante de Laurine Roux!

    Marija

  • « Il marche, Walker. C'est son nom et sa nature ».

    Jeune soldat canadien de retour des champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale, Walker s'installe à New York en 1946. Hanté par la violence des combats, il peine à trouver sa place dans une Amérique où l'argent et la corruption règnent désormais en maîtres.

    Il se lance alors dans une odyssée qui le conduit à San Francisco puis Los Angeles, tente de gagner sa vie en travaillant dans la presse et côtoie le monde du cinéma et du film noir qui le fascine. Mais point de salut pour cette âme perdue, condamnée à errer dans un décor qui n'est autre que le reflet de son chaos intime.

    Road novel en forme de poème épique aux images puissantes, Walker est une évocation en noir et blanc de l'Amérique de l'après-guerre, une sublime parabole sur la nature du Mal.

    Les Champs Magnétiques vous conseille

    Il faut entrer dans ce roman écrit en vers libre comme si on entrait dans une salle de cinéma, les lumières s'éteignent et on se laisse porter par l'odyssée de ce jeune soldat canadien rentrant aux Etats Unis  juste après la 2de guerre mondiale. Il erre d'une ville à l'autre, New York, San Francisco, Los Angeles. Ces villes en mutation où la violence occupe une place importante sont le reflet du chaos intime du héros qui porte en lui les souvenirs de l'atrocité de la guerre impossibles à effacer. Il faur absolumment découvrir ce roman cinématographique aux images extrêmement puissantes!

    Marija

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